Extrait chapitre 8 de “Lettre à ma fille”
Lundi, août 17th, 2009Je vous invite à la lecture du chapitre 8 de mon dernier ouvrage.
Bonne lecture !
Comme quoi l’amour
c’est quand même important…
Tranche de vie n° 8
Entre votre départ aux États-Unis et la perte de mon emploi, un rayon de soleil illumina heureusement ma vie…
J’étais encore, à cette époque, directeur général en exercice, élu de mairie et aussi président fondateur d’un puissant club d’entreprises. J’étais donc entouré d’une nombreuse cour de soi-disants amis, dont l’un me parla un jour d’une jeune femme qu’il connaissait bien et qui sortait tout juste d’une pénible histoire de couple qu’avait précédé un divorce non moins difficile. Enfin côté coeur, la chance lui avait pas souri, quoi…
- Tu verras, elle est douce, gentille et pétrie d’humour.
Me vanta-t-il sa protégée, tout en rajoutant avec un clin d’œil qui reflétait une délicatesse bien masculine :
- Et en plus, c’est un canon. Elle a un cul ! Je te dis pas…
Mon émule de Cupidon organisa donc une rencontre avec celle qu’il disait être la représentation vivante du mot fantasme et quelque jours plus tard, à l’heure dite du rendez-vous, elle entra dans mon bureau. Jamais je n’oublierai cet instant…
Mon cher entremetteur n’avait rien exagéré :
Elle était vraiment belle à couper le souffle !
Tout en elle débordait de sensualité, sans qu’elle soit pour autant provocante et puis alors, ses yeux !…
Ce devrait être interdit, des yeux pareils, ça vous chamboule dans tous les sens, vous fait perdre instantanément la tête et vous fait tomber irrémédiablement amoureux, sans aucune chance d’échapper à leur beauté magique.
Ils sont bleus.
Elle s’appelle Eva.
Et là où la vie nous réserve de ces surprises dont elle a le secret, c’est qu’elle m’avoua plus tard être elle aussi tombée amoureuse de moi lors de cette première rencontre…
Nous nous revîmes très vite, comme si cela allait de soi et à chacune de nos rencontres, je découvrais une nouvelle facette de celle grâce à qui je retrouvais le goût du bonheur : ce qu’elle aimait ou détestait, ses rêves, ses peurs, sa vie avant de me rencontrer et ce qu’elle espérait la voir devenir…
J’apprenais à la connaître et plus je le connaissais et plus je l’appréciais. Tu me diras, quoi de plus normal, puisque j’étais amoureux. Mais il n’y avait pas que ça. Bien sûr, j’étais amoureux, mais le plus important est qu’en la connaissant mieux, j’apprenais à l’aimer…
C’est évidemment beau d’être amoureux de quelqu’un, mais l’aimer, en plus d’être beau, c’est solide !
Alors un soir, je balayai la promesse que je m’étais faite après la blessure de votre départ, de ne plus jamais lier ma vie à celle de qui que ce soit et lors d’un dîner que j’avais voulu romantique, je lui demandai :
- Tu aimerais qu’on fasse un bout du chemin ensemble, malgré les seize ans qui nous séparent ?
Après m’avoir dévisagé en me faisant fondre, comme d’habitude, elle me prit les mains, par-dessus la table et souffla plus qu’elle ne dit :
- Je crois qu’on s’aime assez pour essayer…
Cela fait maintenant onze ans que nous essayons et nous nous aimons toujours autant.
Et peu importe ce que demain nous réserve, peu importe la peine que l’on a pu parfois se faire, jamais rien ni personne ne pourra effacer la formidable passion qui nous aura réunis pendant ce merveilleux « bout de chemin » qui n’appartient qu’à nous…
Après avoir perdu mon poste de directeur général, je décidai donc en toute logique de changer radicalement de vie…