Extrait chapitre 7 de “Lettre à ma fille”

Je vous invite à la lecture du chapitre 7 de mon dernier ouvrage.
Bonne lecture !

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 C’était pas mal là,
mais j’ai tout gaché…
Tranche de vie n° 7

Mais toute cette histoire nous avait coûté une fortune et bien que ta mère occupât un poste important et perçût donc un salaire conséquent, il devenait urgent que je trouve du travail, afin de continuer à honorer mon rôle de père de famille.
Passionné par le nautisme, j’avais souvent participé, en tant que pilote, à diverses courses inshore et offshore de bateaux à moteur et ayant un assez bon coup de volant, j’ai eu la chance d’être sponsorisé pendant plusieurs années par un importateur de moteurs hors-bord japonais.

C’est ainsi qu’une annonce de la rubrique offres d’emploi attira mon attention :
- « Importante société de nautisme cherche son responsable shipchandler, etc… ».
Je m’empressai de leur envoyer ma candidature et la semaine suivante je reçus une réponse me convoquant à une entrevue préalable. Quinze jours après, je prenais mes fonctions. Je suis resté dix ans dans cette société dont je devins au bout de cinq ans, directeur général. Mais au cours de cette période, nombre d’événements allaient bouleverser ma vie et la tienne…
Pour commencer, je fus approché par un de mes clients qui m’amena, en douceur, à entrer en franc-maçonnerie.
Merci à lui, car j’ai découvert là une Lumière et une forme de pensée qui m’ont sans doute préservé de bien des erreurs dans les épreuves qui allaient m’attendre plus tard (mais pas toutes…).
En fait, mes nombreuses activités, à cette époque, m’éloignaient une fois de plus de ma famille. Il est vrai qu’à mon travail, déjà bien prenant et aux courses de bateaux, venaient s’ajouter la musique, la loge maçonnique, le tennis, etc…Résultat, je passais de moins en moins de temps à la maison et sans que je m’en rende compte, un fossé s’est creusé entre maman et moi, au fur et à mesure que le temps passait.
Jusqu’au jour où la sentence est tombée !
Nous avons divorcé en restant amis, comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre ; on a même arrosé ça par un bon repas, au cours duquel nous nous sommes faits nos confidences et avons dévoilé nos états d’âme, comme auraient pu le faire une soeur et son frère. La vie nous avait appris le respect, l’affection et la  confiance que ne venait pas perturber la jalousie née de l’amour. Elle était devenue la soeur que je n’ai pas eu et moi, le frère qui lui manquait. C’est en ramenant Angélique à la maison (où je n’habitais déjà plus), que nous avons réalisé et sommes tombés dans les bras l’un de l’autre en pleurant à chaudes larmes. Mais il était déjà trop tard depuis bien longtemps…
Puis, comme si le fait de vous quitter attirait sur moi toutes les foudres du ciel, ma vie a commencé à se détériorer.
J’avais perdu ma bonne étoile…
D’abord je commençai par apprendre que si le courant de pensée maçonnique est une chose magnifique, il n’est malheureusement véhiculé que par des hommes, dont beaucoup galvaudent le mot sacré de Fraternité en l’utilisant à leur seul profit et sont capables par intérêt personnel, de devenir les pires ennemis de leurs soi-disants Frères, en n’hésitant pas à fouler aux pieds le merveilleux idéal dans lequel ils se sont engagés, en donnant leur parole d’homme et de maçon de ne jamais le trahir.
Puis, Angélique m’apprend qu’elle a rencontré un dentiste américain et qu’elle aimerait aller s’installer avec toi et lui aux Etats-Unis…
Elle me demanda donc de signer les documents lui permettant de t’éloigner de moi, étant pour elle, bien entendu, hors de question de se séparer de toi.
Je lui ai simplement demandé :
- Est-ce que tu es sûre qu’il en vaut la peine et saura bien s’occuper de Laura et toi ?
- Oui, me répondit-elle. C’est un homme gentil et attentionné.
- Donc, tu serais heureuse de partir le rejoindre avec notre fille ?
- Oui, bien sûr, sinon je ne te demanderais pas un tel sacrifice.
Alors, malgré la douleur de te voir partir à l’autre bout du monde et le vide insondable qui s’empara de moi à cet instant, j’acceptai et signai les documents de l’absence.
Comment aurais-je pu priver d’un bonheur mérité celle que j’aimais désormais comme une sœur et qui avait été une compagne irréprochable pendant 18 ans.
Une page de ma vie se tournait et là, je n’y pouvais rien…

Seule notre petite Lady, le bichon que nous t’avions offert pour tes sept ans, m’apportait un peu de réconfort, car elle était le lien concret qui me rattachait à toi.
Pourtant, quand vous me l’avez laissée, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir faire de ce petit machin blanc et frisé dont je ne m’étais jamais occupé et ne connaissais qu’à peine. Et puis pour moi, c’était pas un chien ça. Un berger allemand comme Ortie, ça c’était un chien !
Mais au fil du temps nous avons appris à vivre ensemble et à nous aimer. Aujourd’hui, je ne concevrai pas la vie sans elle. C’est un super chien, en fait…
Elle me fait penser à cette chanson du regretté Serge Reggiani :

- Ma fille, mon enfant,
- Voici venir le temps
- Où tu vas me quitter
- Des Indes à l’Angleterre
- On a couru la Terre
- Mais pas toujours ensemble
- Mais à chaque retour
- Nos mains se rejoignaient
- Sur le dos de velours
- D’un chien qui nous aimait
- C’était notre façon
- D’être bons compagnons.

Et puis comme si ton départ ne suffisait pas à assombrir ma vie, la société que je dirigeais fut vendue à la fin de l’année suivante et à l’aube de mes cinquante ans, je me retrouvai sans travail.
Cinquante ans, plus de famille, plus de travail, les amis d’hier devenus les inconnus d’aujourd’hui et le mur du chômage, infranchissable à affronter pour un cadre de mon âge…

Alors, trouvant que tout allait vraiment trop mal, je décidai en toute logique, de changer radicalement de vie…

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